Il neigeait ce jour là et le sol était glissant au dehors.
La nuit était tombée tôt, et les petits flocons blancs luisaient de l'éclat de la lune.
Fabien venait de s'attabler pour dîner.
Encore un dîner tout seul - et le plat réchauffé n'avait pas l'air très appétissant, une nouveauté soi-disant.
Soudain, il entendit un camion - ou une grosse voiture - se garer dans la cour, devant le lotissement.
Etonné, il se leva et alla jeter un oeil à la fenêtre.
Le camion luisait dans la nuit, car c'était bien un camion.
Un gros camion blanc.
Fabien jeta un coup d'oeil aux lasagnes dégoûlinantes et fumantes sur la table de la cuisine, puis saisit son manteau, enfila son écharpe, et sortit de son appartement.
Peut-être que quand il rentrerait, ses lasagnes seraient froides, et ainsi il aurait une raison de les jeter.
Pourtant, ce camion étranger l'alertais.
Il sortit dans le froid.
Le camion était là.
Et un homme était à l'intérieur, côté conducteur.
Il était carré, et son regard était dur.
Fabien commença à se sentir mal à l'aise.
Il lui semblait connaître cet homme.
Alors, l'autre le vit, et il sauta à bas du camion.
Comme il s'approchait, Fabien pensa qu'il était plus sage de faire demi-tour - mais il n'avait pas peur du tout !
Pourtant, il se raisonna.
" Fab, pas question de faire demi-tour maintenant. Parle lui d'homme à homme. Pas de tremblements. "
Il se dressa, aussi droit qu'une chandelle, en inspirant un grand coup.
Malgré tout ses efforts, il se rendit vite compte que l'autre faisait deux fois sa taille.
- Bonjour, lança t-il bêtement.
Alors, il reconnut l'homme.
- Cobatiiiiiiii ! hurla t-il.
Il prit ses jambes à son cou et se mit à courir dans tous les sens, avant de se cogner contre Cobati lui-même.
Il cru qu'il allait défaillir.
Soudain, il eut une idée.
Il se dirigea à toute vitesse vers sa voiture, qui démarra au quart de tour - pour une fois.
Il appuya si fort sur la pédale d'accélération qu'il se retrouva sur la route en moins de deux secondes.
Il s'engageait déjà sur la route boueuse quand il aperçut une silhouette sur le bord de la route.
- Fabien !
C'était Midnight.
Fabien ouvrit la portière côté passager en hurlant :
- Monte ! Vite ! Vite !
Midnight obéit sans vraiment réfléchir, et Fabien repartit à toute vitesse.
- Mais tu es malade ! s'écria Midnight.
Alors, Fabien vit le camion arriver derrière lui.
- C'est Cobati ! s'époumona t-il.
- C'est impossible, je lui ai tranché la tête ! Tu délires !
- Alors c'est son frère ! Mais il a pas l'air commode !
Midnight s'accrocha de toutes ses forces à son siège.
Fabien allait à une vitesse improbable, mais Cobati allait plus vite que lui.
Pourtant, ils finirent par le distancer, et, dans un élan de courage, il s'arrêta brusquement et poussa Midnight hors de la voiture, pour repartir de plus belle.
Midnight vit arriver la voiture de police de loin, mais elle était trop choquée pour prévenir Fabien.
Elle se laissa tomber dans l'herbe.
Elle vit Fabien s'arrêter brusquement sur le bord de la route, et Cobati partir en tête-à-queue, avant de se retourner en bas de la route.
La voiture de police s'arrêta à côté de celle de Fabien, et Midnight se releva pour aller le rejoindre.
- Je vous jures que je n'y suis pour rien ! Il me poursuivait !
- Mais oui. Allé, mon m'sieur, suivez-nous au poste.
- Mais il me poursuivait !